Swarali Patil est candidate au doctorat en gestion et leadership sportifs à l’Université Western. Elle a présenté ses travaux lors de conférences internationales prestigieuses telles que les North American Society for Sport Management (NASSM), Sport Management Association of Australia and New Zealand (SMAANZ), European Association of Sport Management (EASM) et Association for Research on Nonprofit Organizations and Voluntary Action (ARNOVA).

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Le bien-être financier est inestimable pour la santé physique et mentale. Selon les données de 2019 de Statistique Canada, une proportion considérable de Canadiens (41 %) affirment avoir demandé conseil au sujet d’un aspect particulier ou d’un produit financier à un moment donné au cours des 12 derniers mois, le plus fréquemment au sujet de la planification financière générale (24 %). Cependant, pour plusieurs secteurs de la population, il peut être difficile d’accéder à ce type de renseignements. Swarali Patil, candidate au doctorat, estime qu’il peut être particulièrement difficile pour les athlètes d’accorder la priorité à l’éducation financière tout en gérant des programmes d’entraînement intenses, sans parler des emplois et des engagements sociaux et familiaux. Elle s’intéresse particulièrement à l’évaluation du bien-être financier des athlètes féminines au Canada. Son projet, financé par E-Alliance (et réalisé en collaboration avec la professeure Alison Doherty), a été amorcé plus tôt cette année et explore le bien-être financier des athlètes féminines membres d’équipes nationales.

Le bien-être financier est défini comme étant « la mesure dans laquelle vous pouvez faire face confortablement à tous vos engagements et besoins financiers actuels, en vous sentant financièrement en sécurité, tout en ayant la résilience financière nécessaire pour continuer de le faire à l’avenir. Mais il ne s’agit pas seulement de revenus, il faut également avoir le contrôle de ses finances, être capable d’absorber un revers financier, être sur la bonne voie pour atteindre ses objectifs financiers et, par-dessus tout, avoir la liberté financière de faire des choix qui vous permettent de profiter de la vie. »

Un meilleur bien-être financier est associé à une diminution du stress et à une meilleure santé mentale et physique, ce qui en fait un élément essentiel qui contribue à la santé globale et holistique de toutes les populations, y compris les athlètes.

Selon Mme Patil, beaucoup d’entre nous ne saisissent peut-être pas la vulnérabilité financière dans laquelle se trouvent les athlètes de haut niveau, en particulier ceux qui participent à des compétitions d’élite, comme les Jeux olympiques et paralympiques. En général, les athlètes féminines reçoivent moins en termes de salaire et de commandites dans la plupart des sports que leurs homologues masculins, et leur santé financière est donc encore plus menacée.

« Beaucoup de gens croient que parce qu’un ou une athlète passe à la télévision et est sous les projecteurs, cela doit signifier qu’il ou elle est millionnaire », déclare Mme Patil. « Beaucoup d’entre eux gagnent en réalité très peu d’argent. En fait, de nombreux athlètes perdent de l’argent en se préparant à de grands événements comme les Jeux, en s’entraînant, en essayant de se préparer, en achetant l’équipement. »

Cet été, Mme Patil et son équipe de recherche ont commencé à mener leur enquête pour recueillir directement les commentaires d’athlètes féminines et masculins d’équipes nationales. AthlètesCAN, le porte-parole collectif des athlètes des équipes nationales au Canada, a fait la promotion de l’enquête sur leurs comptes de médias sociaux et à travers leurs infolettres numériques. E-Alliance, Commonwealth Sport Canada et CCS Atlantique ont également contribué à la promotion du sondage.

Le sondage prenait environ 30 minutes à compléter en ligne. Les questions portaient sur divers sujets, notamment les connaissances générales liées à la littératie financière et la compréhension globale des produits et services bancaires. Les participants devaient également indiquer où les athlètes obtiennent leurs renseignements financiers et s’ils estiment avoir suffisamment d’économies pour faire face à des difficultés inattendues. Selon Mme Patil, la pandémie de COVID-19 illustre bien le genre d’événements imprévus qui peuvent faire dérailler le parcours d’un athlète vers le bien-être financier.

Aux dires de l’équipe de recherche, le simple fait de remplir le questionnaire et de réfléchir aux questions peut aider ces athlètes à se pencher sur des questions et des mesures importantes liées au bien-être financier. « Le processus pourrait les inciter à examiner certains de leurs comportements et peut-être à changer leurs habitudes pour le mieux », explique Patil.

L’équipe procède maintenant à l’analyse des données provenant de 650 participants à l’enquête. Les résultats serviront à évaluer le bien-être financier des athlètes nationales canadiennes par rapport à celui de leurs homologues masculins et des Canadiennes en général. En examinant les résultats, ils se pencheront également sur la façon dont les facteurs socio-économiques et démographiques influencent les décisions et le statut financiers. Selon Mme Patil, cette recherche pourrait aider la communauté universitaire, les entraîneurs et les autres dirigeants et décideurs à se faire une idée plus complète des réalités et des défis auxquels sont confrontées les athlètes féminines. Cela pourrait inciter les organisations à mieux soutenir les athlètes de plusieurs façons, notamment en leur fournissant des outils et des ressources éducatifs liés aux finances dans le cadre du développement global de l’athlète.

« Les résultats obtenus pourraient servir à éclairer de nombreuses décisions futures quant à la manière dont nous aidons au développement et au soutien des athlètes féminines », explique Mme Patil. « À plus long terme, j’espère que cela contribuera à rendre la vie des athlètes féminines plus équilibrée et à diminuer les stress et les inquiétudes liés aux finances. »