Une recherche financée par E-Alliance collabore avec MLSE LaunchPad afin d’explorer l’équité des genres et les réactions aux traumatismes.

L’accès à des activités sportives sécuritaires et inclusives enrichit la vie des jeunes de multiples façons. Pour les jeunes confrontés à des obstacles, le mentorat, les amitiés, l’accès à l’activité physique et le soutien sont particulièrement précieux. Le LaunchPad de Maple Leaf Sport and Entertainment est conçu pour créer des espaces sécuritaires où les jeunes peuvent se rassembler, jouer et tisser des liens. Les chercheur.euse.s Lyndsay Hayhurst (Université York), Francine Darroch (Université Carleton), Julia Ferreira Gomes (Université York) et Marika Warner (Maple Leaf Sports and Entertainment LaunchPad) sont à la tête d’un projet financé par E-Alliance qui examine la façon dont LaunchPad soutient les jeunes, les femmes, les filles et les personnes de diversité de genre qui ont été victimes de violence sexiste, notamment en ce qui concerne l’utilisation d’approches tenant compte des traumatismes et de la violence (TVI). Bien que les chercheur.euse.s se concentrent sur LaunchPad, leurs conclusions pourraient éclairer les politiques et les pratiques des programmes de sport pour le développement des jeunes au Canada.

Établi dans le centre urbain de Moss Park, à Toronto, LaunchPad «sert d’ambitieux « laboratoire vivant » pour explorer et mesurer la manière dont le sport peut contribuer à améliorer la vie des jeunes ». Il offre « une programmation de premier ordre qui soutient nos quatre piliers : un corps sain, un esprit sain, prêt pour l’école et prêt pour le travail ». Les dirigeant.e.s et les entraîneur.euse.s de LaunchPad œuvrent à la réalisation de cette vision, guidés par une politique d’équité, de diversité et d’inclusion et une politique de santé mentale.

Mme Ferreira Gomes a effectué un travail de terrain au centre et a interviewé 15 participant.e.s du programme LaunchPad pour discuter du programme et de leurs expériences. « Les approches TVI sont des politiques intégrées dans une organisation qui reconnaissent les liens entre la violence, les traumatismes, les résultats de santé négatifs et les comportements », explique Mme Ferreira Gomes. Cette approche délibérément intégrée accroît la sécurité, le contrôle et la résilience des personnes qui sollicitent des services. Dans le cadre de son travail préliminaire, Mme Ferreira Gomes a constaté que, à l’instar de nombreuses organisations de sport pour le développement, LaunchPad n’a pas encore intégré de telles politiques dans ses programmes. Cependant, elle affirme qu’une grande partie de leur travail est conforme à ces principes.

« LaunchPad incarne vraiment l’idée de créer un espace sécuritaire, qui est une approche informée sur les traumatismes et la violence », explique Mme Ferreira Gomes. « Par exemple, on y propose des horaires réservés aux femmes. De plus, Moss Park, la région de la ville où il se trouve, est très compacte et très animée. Les participant.e.s viennent dans cet espace, et peuvent laisser tout ce bruit et ces distractions à la porte. Tout le monde peut s’y sentir en sécurité ».

Par ailleurs, le programme ne comporte pas de formation officielle sur la manière de gérer l’équité et l’identité sexuelles. Mais Mme Ferreira Gomes indique que le personnel et les entraîneur.euse.s s’engagent à répondre aux besoins de tous les jeunes qui participen au programme, par le biais de conversations et du renforcement des capacités. « Historiquement, le sport est un monde très binaire », souligne-t-elle. Cela se répercute sur les programmes de sport pour le développement. Malgré cet héritage, Mme Ferreira Gomes affirme que LaunchPad a su répondre efficacement aux besoins des jeunes non binaires et trans. « Par exemple, dans un cas, les dirigeant.e.s ont eu des conversations avec les enfants sur un.e pair.e en transition, le nom qu’iel préfère et le programme auquel iel voulait participer. Les responsables ont répondu aux questions et ont contribué à créer un environnement accueillant. »

Bien que l’équipe de recherche travaille encore sur le projet, les premières conclusions suggèrent que les programmes de sport dédiés au développement des jeunes pourraient avoir encore plus d’impact en adoptant des approches TVI et des politiques d’équité de genre.

Ressources complémentaires : Le podcast de Marika Warner et Julia Ferreira Gomes, Adapting sport-for-development in times of COVID-19: A discussion with Marika Warner, MLSE LaunchPad, en écoute ici.