Un premier projet à financé par l’E-Alliance qui étudie les expériences des femmes tamoules dans les communautés sportives de la région métropolitaine de Toronto.

Lorsque la superviseure de la doctorante Gobi Sriranganathan, Yuka Nakamura, lui a suggéré d’assister au lancement virtuel de l’E-Alliance en novembre dernier, celle-ci a été immédiatement intriguée.

Mme Sriranganathan est une leader active dans la communauté sportive tamoule, et cette expérience a guidé son parcours de chercheuse. Son objectif est de combler les lacunes de la recherche canadienne sur le sport afin de mieux représenter le leadership et les expériences de cette population dans la région métropolitaine de Toronto en particulier, ce qui cadre parfaitement avec l’approche intersectionnelle de l’E-Alliance.

En apprenant plus sur les priorités et l’approche de l’E-Alliance, la chercheuse de l’Université York s’en est trouvée inspirée. « Je crois fermement à la mission et aux engagements de l’E-Alliance et je savais que je voulais faire partie de ce centre de recherche », a-t-elle déclaré.

Lorsque l’E-Alliance a lancé un premier appel à projets, la jeune chercheuse a soumis une demande de financement pour son projet intitulé « Sport leadership in the Greater Toronto Area Tamil diaspora : Exploring the lived experiences of sport leaders in Tamil grassroots sport organizations ». Le jury a été impressionné par cette candidature, car ces travaux de recherche vont clairement dans le sens de la priorité de recherche fondamentale de l’E-Alliance, à savoir l’examen des expériences genrées dans le sport dans une perspective intersectionnelle.

« Il reste encore beaucoup de travail à faire pour décoloniser la culture sportive canadienne », explique Mme Sriranganathan. « Une optique intersectionnelle, qui reconnaît la multiplicité des expériences vécues et des besoins des individus, est essentielle pour s’assurer que, dans la recherche d’une véritable équité des genres dans le sport canadien, les dynamiques de pouvoir inéquitables ne soient pas reproduites, même involontairement », croit la chercheuse.

Son étude porte sur la nature des expériences vécues par les dirigeant.es sportifs de la communauté diasporique tamoule de la région métropolitaine de Toronto, en particulier les dirigeant.es d’organisations sportives communautaires au service des femmes. Le projet vise à :

  • documenter les expériences des leaders sportifs (dont un grand nombre sont des femmes) dans la communauté tamoule de la région métropolitaine de Toronto ;
  • explorer et comprendre la nature genrée du leadership sportif dans la communauté sportive tamoule de la région métropolitaine de Toronto ;
  • identifier les obstacles potentiels que les Tamouls, en particulier les femmes tamoules, rencontrent dans le leadership sportif et les stratégies pour surmonter ces obstacles ;
  • comprendre l’impact du leadership sportif sur ces leaders sportifs et leur efficacité dans les organisations sportives.

En 2008, le Canada comptait 250 000 personnes s’identifiant comme Tamouls, dont la majorité vivait dans la région métropolitaine de Toronto (Jones, 2014 ; Sriskandarajah, 2008). Le nombre d’organisations sportives communautaires tamoules a augmenté, ce qui rend ce travail particulièrement opportun.

Mme Sriranganathan a joué un rôle de premier plan au sein de la Women’s Ontario Tamil Sport League (WOTSL) au cours des trois dernières années, ce qui l’a incitée à concentrer son travail auprès de sa propre communauté. « La gestion d’une ligue sportive demande beaucoup de travail physique et émotionnel, mais le fait de créer des occasions et un espace sécuritaire pour que les filles et les femmes tamoules puissent faire du sport et établir des liens sociaux en vaut la peine. J’ai également été surprise de constater que pour certaines femmes, dont moi-même, la WOTSL a été un espace leur permettant de renouer avec leur Tamoulité. J’ai, de plus, appris l’importance des approches collaboratives du leadership et de la prise de décision dans cet environnement. »